devellopement durable

Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 19:00
Dans ses laboratoires de Solaize, Total développe des gammes de bitumes extraits du pétrole brut avec l’objectif affiché de réduire l’impact sur l’environnement de l’utilisation de ce matériau pour l’aménagement des routes.
Le Centre de recherche de Solaize (CReS) du groupe Total au Sud de Lyon consacre une partie de ses travaux aux bitumes. Il faut dire que ces derniers qui constituent la partie lourde du pétrole, représentent près de 20% du volume contenu dans un baril. Obtenus après la distillation du brut, ils servent principalement à la construction des routes mais sont utilisés aussi dans le domaine industriel pour leurs propriétés d’étanchéité. « Mais attention, prévient Sophie Mariotti, ingénieure en matériaux et responsable du département bitumes du CReS, tous les bitumes ne se valent pas ». En effet, selon leur origine, les pétroles bruts peuvent présenter des caractéristiques différentes influant sur la qualité des bitumes qu’on peut en extraire et seulement 10% des bruts permettent de produire du bitume. Ils proviennent principalement d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. « Une partie de nos travaux consiste à vérifier la qualité des bitumes en fonction de leur provenance et de valider l’aptitude du brut d’origine » précise la chercheuse. Dans un secteur qui ne connaît pas la crise, cette démarche permet d’assurer les approvisionnements de Total.

Pour quelques degrés de moins

Les chercheurs du département ont mis au point un bitume plus dur que les bitumes « conventionnels », aux résistances mécaniques accrues, par adjonction de polymères. Le produit a été testé sur un chantier expérimental fin 2009 près de Blois et est commercialisé. « Cela nous permet d’avoir des revêtements routiers plus performants ou de diminuer l’épaisseur de nos enrobés » explique Sophie Mariotti. Un autre bitume a été développé dont la propriété est de fondre à 120°c et non plus à 160°c. Pour pouvoir être liquéfié et mélangé aux granulats constituant la surface des routes et servir de liant le bitume, produit visqueux et presque solide, doit en effet être chauffé, opération qui demande une forte consommation d’énergie. L’économie de 40 degrés de température a un impact direct puisque à la tonne, le nombre de litres de fuel nécessaires au chauffage passe de 7 à 5,5 et que la quantité de CO2 émises à ce moment là passe de 20 kilos à 15 kilos, à la tonne toujours.

Un produit très attachant

Autre axe de recherche pour le département, l’introduction de produits d’origine végétale. Le labo a mis au point une formule permettant d’intégrer dans le bitume entre 20 et 40% de produits issus de la biomasse. Cela donne des liants très clairs, permettant de mettre en valeur la couleur des granulats et d’aménager des revêtements colorisés. Le département s’intéresse aussi au cycle de vie de ses matériaux. « Participer à la diminution des impacts environnementaux ça me paraît indispensable » souligne Sophie Mariotti. Parvenues en fin de vie, les routes sont concassées et partent en décharge. « On est capable aujourd’hui de réintroduire un certain pourcentage de recyclât dans les chaussées neuves » explique la chercheuse tout en notant que de nombreuses innovations restent à venir en matière de bitume. Son département est à l’origine du dépôt de 70 familles de brevets et d’environ 250 brevets par an. Une politique de propriété industrielle plutôt dynamique qui n’est pas près de s’arrêter. Le bitume, « c’est un produit qu’on dit très attachant dans tous les sens du terme. On le prend on se colle les mains, mais une fois qu’on a mis le nez dedans on a du mal à ne pas y rester » assure-t-elle non sans humour.
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 15:21
residence_cour© C. Magdelaine / notre-planete.info

Des villes conçues et administrées autrement sont-elles la solution au problème du réchauffement climatique ? En grande partie oui, si l’on en croit la conclusion d’une étude publiée dans la revue Environment and Urbanization qui remet en cause les poncifs et idées reçues sur les villes qui seraient responsables de tous les maux en matière d’environnement.

Alors que plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en ville, la responsabilité des agglomérations dans le réchauffement global semble écrasante : celles-ci n’occupent que 2 % de la surface de la planète, mais elles concentrent 80 % des émissions de CO2 et consomment 75 % de l’énergie mondiale.

Pourtant, quand on compare les émissions de CO2 par habitant des citadins résidant dans les grandes mégapoles de la planète, on constate qu’elles sont souvent très sensiblement inférieures à celles d’un habitant "moyen" du pays considéré, surtout dans les villes qui ont su faire des choix cohérents de développement en matière d’urbanisme, de transports, de développement économique et d’espaces verts.

Les rejets des New-Yorkais représentent moins d’un tiers de la moyenne des Etats-Unis ; chaque Barcelonais émet moitié moins de gaz à effet de serre que l’Espagnol moyen ; tout comme les Londoniens font deux fois mieux que les Britanniques. Plus surprenant, au Brésil, Sao Paolo affiche des émissions par habitant qui ne dépassent pas un tiers de la moyenne brésilienne.

L’explication est simple mais dérangeante du point de vue politique : une ville compacte, mélangeant logements et activités et desservie par des transports en commun est moins polluante qu’un habitat individuel diffus fondé sur le règne automobile.
Il existe en effet une forte corrélation entre une faible densité urbaine et une quantité élevée de rejets de CO2 par habitant. Cette étude montre donc que, contrairement aux idées reçues, le développement économique n’entraîne pas nécessairement d’accroissement de la pollution. Ainsi la ville de Tokyo émet-elle une quantité de gaz à effet de serre par tête équivalent à 45 % de la moyenne japonaise, très inférieure aux rejets par habitant de Pékin ou de Shanghaï, deux fois plus élevés que la moyenne chinoise.

Les choix politiques en matière d’urbanisme et de transports sont dans ce domaine déterminants : les transports sont responsables de 60 % des rejets de CO2 à Sao Paulo, métropole de la congestion automobile, contre 20 % à Londres ou New York, bien desservis par le métro.

Mais les villes de demain ne devront pas seulement être sobres et efficaces du point de vue énergétique, elles devront également réintroduire la nature et la végétation partout pour lutter activement contre la pollution, limiter les émissions de CO2 et lutter contre le réchauffement climatique. La capacité des arbres à absorber le dioxyde de carbone est bien connue et joue un rôle fondamental dans la lutte contre le changement climatique. Mais leur rôle ne s’arrête pas là : ils sont aussi capables d’absorber d’autres composés chimiques aériens.

Une étude récente réalisée par des scientifiques du Centre National pour la Recherche Atmosphérique (NCAR) à Boulder (Colorado), montre que les plantes à feuilles caduques absorbent au moins un tiers de polluants atmosphériques communs en plus que ce que les estimations précédentes indiquaient. Selon cette étude, les capacités d’absorption de la pollution atmosphérique par les forêts auraient été largement sous-estimées.
L’étude porte sur les interactions entre les arbres à feuilles caduques et les Composés Organiques Volatiles (COV) oxygénés, ces derniers ayant été jusqu’ici "mal représentés voire en partie négligés dans les modélisations [du climat]", d’après le chimiste de l’atmosphère Jos Lelieved, de l’Institut Max Planck pour la Chimie (Mainz, Allemagne).

Ces composés ont des impacts à long terme sur l’environnement, intervenant dans la formation d’ozone et de gaz à effet de serre, ainsi que sur la santé humaine, étant considérés comme des composés cancérigènes ou mutagènes. Les COV tels que les NOx ou le benzène sont produits par la combustion d’hydrocarbures et par d’autres composés chimiques émis de sources naturelles et artificielles (transport, industrie...).
L’équipe de recherche a choisi de se concentrer sur des peupliers, dont le génome a été séquencé, ce qui permet d’effectuer aisément des analyses génétiques. En mesurant l’absorption des COV oxygénés dans plusieurs écosystèmes, il a été découvert que les plantes caduques absorbent les composés à un taux élevé, jusqu’à 4 fois plus que les estimations précédentes.
Au final, à l’aide d’une modélisation informatique simulant la pollution atmosphérique mondiale, l’étude conclut que les plantes absorbent 36 % de COV oxygénés de plus que ce que les études actuelles laissaient présager. De plus, cette consommation des COV oxygénés évite qu’ils ne se dégradent en aérosols dans l’atmosphère, lesquelles substances ont un impact important sur le climat et la santé humaine.

A l’instar de cette étude, il existe une abondante littérature sur le rôle de la végétation et des arbres en particulier dans la régulation de la pollution atmosphérique. Si la recherche est surtout centrée sur le stockage et l’absorption du carbone, l’absorption d’autres polluants a aussi été étudiée, notamment dans un cadre urbain.
David Nowak, chef de projet à l’unité de recherche en Forêt Urbaine, Santé Humaine et Qualité Environnementale au sein du Service des Forêts, estime que les arbres de la ville de Chicago stockent l’équivalent de 716 000 tonnes de carbone évaluées à 14,8 millions de dollars - montant évalué à partir du prix du carburant automobile, et absorbent 25 000 tonnes de carbone par an, soit l’équivalent de 521 000 dollars.
En plus du carbone, la canopée absorbe chaque année 888 tonnes de polluants atmosphériques, dont environ 325 tonnes d’ozone et 300 tonnes de particules mais aussi du monoxyde de carbone et du dioxyde de soufre et d’azote. Ce phénomène est évalué à 6,4 millions de dollars.

La présence d’arbres en milieu urbain est donc d’une réelle utilité non seulement dans de la lutte contre le changement climatique, mais aussi pour la réduction de la pollution urbaine. En août 2003, la canicule qui s’est solidement installée sur le territoire français a fauché la vie de 15 000 personnes, le plus souvent âgées et fragiles : 91 % avaient plus de 65 ans et 87 % vivaient en immeuble collectif. Pendant une quinzaine de jours, les températures ont battu des records historiques : les deux tiers des stations de Météo France affichaient des températures comprises entre 25°C et 35°C, et 15 % des stations françaises ont enregistré des températures supérieures à 40°C.
Les régions Île-de-France et Centre ont été fortement touchées par cette vague de chaleur exceptionnelle, notamment les grandes agglomérations urbaines, telles Paris, Tours, Orléans. En France, les décès précisément attribués à la déshydratation, hyperthermie, coup de chaleur ont augmenté de 23 % par rapport à la mortalité attendue en un mois d’août « normal ».
Dans une étude des facteurs de risques de décès des personnes âgées résidant à domicile durant la vague de chaleur d’août 2003, l’Institut de veille sanitaire (INVS) confirme que les villes denses sont plus vulnérables aux fortes chaleurs que les villes vertes.
Cette étude montre qu’une hausse de l’indice de végétation à proximité des logements est un bon moyen de rafraîchir l’air ambiant et d’abaisser les températures extérieures. Des travaux de référence dans ce domaine montrent que les écarts de température entre un parc urbain et ses environs vont de 1°C à 7°C ; la différence la plus importante étant obtenue aux abords de grands parcs arborés « baignés » par une rivière.
À partir d’images satellitaires des longueurs d’ondes infrarouges d’un quartier résidentiel de la ville de Munich (Parc du château de Nymphenburg), et d’une analyse des températures de surface émises à la mi-journée et la nuit, Stephen Pauleit et Friedrich Duhme soulignent qu’une augmentation de 10 % de la surface végétalisée abaisse la température de 1°C dans un rayon de 100 mètres de profondeur.
D’autres campagnes de mesures réalisées à l’intérieur du parc national d’Athènes et autour du site, en août 1998, et pendant 10 jours consécutifs, indiquent que l’écart est de 1,5°C entre les températures les plus basses et les plus hautes. La différence maximale atteint 3°C au cours d’une journée.
Un espace vert est donc un excellent équipement pour atténuer l’îlot de chaleur urbain et rafraîchir l’air ambiant. Une étude de modélisation des flux d’énergie au dessus d’un quartier témoin parvient à des résultats similaires à ceux de Munich. Ainsi, l’aménagement d’un parc arboré de 100 mètres carrés au cœur d’un îlot urbain, bordé par des immeubles de 15 mètres de hauteur, permet d’abaisser la température de 1°C dans les rues canyon adjacentes.
Ce gain de fraîcheur se prolonge sur une distance de 100 mètres. Sous nos latitudes, les surfaces engazonnées et les arbres d’ornement équilibrent leur température interne, à la manière d’un corps humain, en transpirant énormément dès que la température extérieure dépasse 25°C.
Outre qu’un arbre intercepte une partie du rayonnement solaire, procurant une ombre protectrice, il a aussi tendance à aligner sa température sur celle de l’air environnant. Ce mécanisme de régulation thermique est loin d’être négligeable : un arbre feuillu peut émettre jusqu’à 400 litres d’eau par jour, ce qui représente une puissance de refroidissement équivalente à celle de 5 climatiseurs pendant 20 heures en climat chaud et sec.

Le grand défi urbain de demain sera de concevoir des villes denses, sobres et efficaces sur le plan de l’énergie et des transports mais où la végétation sera présente partout, toits, trottoirs, rues... De telles villes seront vraiment « durables » car elles combineront le meilleur de la technologie et l’intégration de la nature à tous les niveaux d’organisation de la cité.

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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 00:05

Le dôme qui recouvrira la zone sera progressivement recouvert par le désert

"Above Below" est un project architectural ambitieux signé Matthew Fromboluti. Cet architecte propose de réparer le paysage de Lavender Pit et son immense carrière abandonnée par l'implantation d'un gratte-ciel souterrain, autogéré et utilisant des systèmes d'énergie renouvelables et durables.

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 08:05
renvovation

Le secteur du bâtiment est à l'origine de 23 % des émissions de CO2 (123 Mt) et de 43 % de la consommation d'énergie finale en France. Le chauffage représente près de deux tiers de ces consommations d'énergie et la majeure partie des émissions de CO2 du secteur.

En France, parmi les 32,2 millions de logements (dont 27,1 millions en résidences principales), 18,8 millions - soit 58 % du parc - ont été construits avant la réglementation thermique de 1975. Ils représentent une surface d'environ 2,6 milliards de m² (contre 850 millions de m² dans le tertiaire, dont la moitié relève du secteur public) et une consommation moyenne annuelle d'énergie primaire de 240 kWh/m² alors qu'il est possible d'atteindre les 50 KWh/m².

Avec un taux annuel de renouvellement du parc de 1 %, il restera en 2050 entre 30 et 40 % de logements antérieurs à 1975. Il est donc indispensable d'améliorer la performance des bâtiments existants en même temps que celle des bâtiments neufs, d'autant plus que le bâtiment constitue une des clefs permettant de diviser par quatre nos émissions des gaz à effet de serre à l'horizon 2050.

Des gains importants d'énergie ont été obtenus sur l'ensemble des logements dont la consommation moyenne unitaire a baissé de 37 % depuis 1973. Ces gains concernent également les logements neufs, grâce aux réglementations thermiques successives qui, depuis 1975, ont permis de diviser par 2 à 2,5 leurs consommations par m2. Cependant, la consommation d'énergie totale des secteurs résidentiel et tertiaire a augmenté dans le même temps de 30 % du fait de l'accroissement du parc, de l'élévation du niveau de confort (appareils électroménagers), de l'apparition de nouveaux besoins (climatisation)... On note toutefois depuis 2001 une décroissance des consommations énergétiques des logements, liée notamment à des efforts financiers accrus des ménages réalisant des travaux d'économies d'énergie, alors que simultanément le parc augmentait de 5 %.

La généralisation d'un nouveau confort moderne, un bâti fortement isolé, une ventilation performante, un niveau d'éclairage naturel élevé, des équipements peu consommateurs d'énergie et intégrant au mieux les énergies renouvelables, sont nécessaires pour atteindre le « Facteur 4 ». Enfin, la construction durable présente de nombreux enjeux sociaux, liés d'une part à la réduction de la précarité énergétique et d'autre part au maintien et à la création d'emplois dans le secteur du bâtiment.

Pour diminuer l'empreinte énergétique et carbone de l'habitat, de nombreux procédés et systèmes sont désormais disponibles, qu'ils soient issus de technologies récentes comme certaines énergies renouvelables ou plus anciennes comme certains matériaux de construction oubliés et pourtant efficaces. L'habitat écologique devra s'imposer sur le marché de la construction.

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 07:48

 

Gratte-ciel (illustration)

Australie - One Central Park, la proposition architecturale de Jean Nouvel, a été acceptée par le gouvernement australien après une longue discussion et une lourde planification débutée en 2008.

L'architecte français Jean Nouvel a récemment révélé son ambitieux projet architectural baptisé One Central Park.

Ce projet commandé par la ville de Sydney est une impressionnante construction constituée de deux tours, respectivement de 16 et 33 étages. Le projet s’articule autour d’une collaboration avec le botaniste Patrick Blanc pour la conception extérieure des bâtiments avec un projet de murs végétaux.  Les immeubles devraient aussi s’équiper d’un système innovant de panneaux solaires. Certains seront fixes, d’autres motorisés dans le but de capter et réorienter vers l’atrium la lumière solaire.

Les travaux d'aménagement du site ont débuté en mars 2010 et la construction des tours pourrait débuter d'ici décembre 2010. Les tours verront leurs locaux occupés notamment par des agences de design et d'urbanisme, tandis que certaines structures locales déjà présentes y seront relogées.

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