Pourquoi la France subit des records de froid

Publié le par Bienvenue dans le blog de djibaba.ingenieur

Le flux d'air glacial venu de Scandinavie devrait persister jusqu'à la fin de la semaine. 

L'hiver 2010-2011 a commencé tôt et très fort. Cette coulée d'air froid sur toute l'Europe de l'Ouest est due à l'anticyclone qui est actuellement encore positionné sur l'Atlantique Nord, du Groenland à la Scandinavie (voir infographie). Les masses d'air au niveau des anticyclones circulant toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, elles amènent de l'air glacial sur la Grande-Bretagne et la France. Cet air polaire est d'autant plus froid qu'il y a beaucoup de neige en Scandinavie. «À l'ouest de l'anticyclone, au contraire, les masses d'air font remonter de l'air plus doux vers le Groenland» , explique Patrick Galois, de Météo France. Dimanche dernier, on a relevé là-bas des températures de + 15 °C.

 

Le froid va s'accentuer

 

 

Les descentes d'air froid ont coupé le continent européen en deux, avec un temps glacé dans le Nord et des températures anormalement élevées dans le Sud (+ 25 °C en Bulgarie dimanche dernier).

En France, les basses températures ont été accentuées localement par les fortes chutes de neige suivies presque aussitôt d'une période de ciel très clair. «C'est ce qui s'est passé dans le Loiret et dans l'Est, où Météo France a relevé - 13 °C à Luxeuil» , souligne Patrick Galois. La neige, au lieu de se disperser sur de vastes espaces, est tombée en abondance dans des zones peu étendues.

Le froid va s'accentuer et devrait persister jusqu'à la fin de la semaine. Mais la dépression, en se déplaçant vers le sud de la Méditerranée, va faire remonter de l'air doux sur la France (dans le sens inverse des aiguilles d'une montre) et occasionner ainsi de fortes chutes de neige dans le Lyonnais, la Bourgogne et, pour finir, en Ile-de-France et en Normandie.

À partir de dimanche, la dépression devrait avancer et repousser l'anticyclone hors de Scandinavie. Elle devrait ainsi mettre un terme au régime actuel de NAO (North Atlantic Oscillation) qui se caractérise par un anticyclone sur l'Atlantique Nord empêchant les masses d'air océaniques humides et tempérées de balayer l'ouest du continent. On devrait alors retrouver des températures moins basses.

L'hiver 2010-2011 commence tôt et très fort. Peut-on prévoir pour autant qu'il sera plus froid que la normale? Ce n'est pas ce qu'avance Météo France qui s'attend tout de même à ce que les flux d'est et du nord-ouest soient dominants cet hiver, affirme Patrick Galois.

 


 

 

Des normales saisonnières bientôt révisées

 

Plus froid que la normale saisonnière… Cette phrase répétée à l'envi dans les bulletins météo depuis quelques jours fait référence à des mesures précises. Mais, réchauffement climatique oblige, ces références devraient prochainement changer.

Les règles permettant d'établir une normale saisonnière ont été élaborées par l'OMM (Organisation mondiale de la météorologie) : il s'agit de moyenne de référence calculée sur trente ans et réévaluée tous les trente ans. La première série a ainsi été établie pour la période allant de 1901 à 1930, puis de 1931 à 1960. Enfin, celle qui prévaut aujourd'hui correspond à la période allant de 1961 à 1990. «Dans la mesure où ces moyennes ne peuvent être établies qu'a posteriori, la prochaine série interviendra en principe en 2020», explique Michel Schneider, de Météo-France.

Il est logique de faire une moyenne sur trente ans. C'est la période minimale pour avoir des données fiables. En revanche l'idée que cette moyenne doive faire référence pendant trente ans pose un problème aujourd'hui, «maintenant que le climat est plus instable », poursuit Michel Schneider. Depuis le début du siècle, on a gagné environ 0,1 °C par décennie avec une accélération à partir de 1970.

La France comme certains autres pays européens a donc entrepris depuis quelques années de revoir ses moyennes «tous les dix ans», précise Jean-Pierre Céron, directeur adjoint de la climatologie à Météo-France. Et l'OMM pourrait faire de même. «Nous avons mis en place un groupe de travail pour réfléchir à cette question» précise Omar Baddour, expert à l'OMM (les résultats seront communiqués l'an prochain). Ce changement doit permettre de mieux prendre en compte le réchauffement climatique. C'est ce qui fait dire au climatologue qu'un épisode caniculaire comme en 2003, jugé exceptionnel, pourrait devenir normal à la fin du siècle.

Publié dans climat

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