Les arbres captent de moins en moins de carbone

Publié le par Bienvenue dans le blog de djibaba.ingenieur

En rouge, les zones où le piégage a été moins important en 2009 et en vert celles où il a augmenté par rapport à la moyenne attendue.
En rouge, les zones où le piégage a été moins important en 2009 et en vert celles où il a augmenté par rapport à la moyenne attendue.

Le stockage naturel du CO2 dans la végétation diminue depuis l'an 2000. Une conséquence probable mais inattendue du réchauffement climatique qui inquiète les scientifiques.

Le résultat est aussi surprenant qu'inquiétant: les arbres n'en peuvent plus. Ils n'en veulent plus. Depuis 10 ans, la quantité de carbone naturellement absorbée par la végétation n'aurait cessé de diminuer, expliquent deux chercheurs de l'université du Montana dans une récente publication parue dans Science. Ce sont les analyses de données satellitaires de la NASA qui ont permis aux deux auteurs d'arriver à cette conclusion.

Une étude similaire effectuée en 2003 avait pourtant montré qu'entre 1982 et 1999, le réchauffement climatique avait contribué à un meilleur piégeage du dioxyde de carbone atmosphérique par les plantes. Les conditions climatiques favorisaient la croissance des végétaux qui, en poussant, absorbaient du dioxyde de carbone. Beaucoup de dioxyde de carbone.

Les végétaux contiennent en effet des substances (la plus connue étant la chlorophylle) qui leur permettent de capter le carbone du CO2 et de rejeter le dioxygène restant en utilisant l'énergie lumineuse. C'est cette «respiration à l'envers» qui permet à ces organismes de créer les chaînes carbonées indispensables à leur développement.

 

550 millions de tonnes de carbone en moins de captées

Mais depuis les années 2000, l'Australie, l'Amérique du Sud et l'Afrique ont connu de terribles sécheresses. Dans ces zones, 70% de la végétation a absorbé moins de carbone que d'ordinaire entre 2000 et 2009. Heureusement, cette baisse vertigineuse a été en partie compensée par le phénomène inverse dans l'hémisphère nord où près des deux tiers des végétaux ont continué à piéger un peu plus de carbone chaque année. Toutefois, le bilan reste négatif: en 10 ans, ce seraient environ 550 millions de tonnes de carbone qui n'auraient pas été captées.

Les auteurs ne veulent toutefois pas dramatiser. «Il faut continuer à surveiller le piégeage de manière continue afin de déterminer si cette variation est décennale ou bien s'il s'agit d'un point de basculement pour la séquestration terrestre naturelle provoquée par le changement climatique», écrivent-ils.

En 2007, l'humanité a émis dans l'atmosphère environ 7,9 milliards de tonnes équivalent carbone de CO2. Ce chiffre augmente tous les ans. Si les puits de carbone naturels commencent parallèlement à s'essouffler, cela pourrait bien accélérer le réchauffement de la planète. Ce qui augmenterait les sécheresses, réduisant ainsi encore un peu plus le piégeage végétal: un exemple-type de ce que l'on appelle une rétroaction positive. Ou plus simplement, un cercle vicieux.

Publié dans deforestation

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