L’explosion urbaine : un bienfait pour l'environnement ?

Publié le par Bienvenue dans le blog de djibaba.ingenieur

La ville dense est-elle bonne pour l’environnement ? On a souvent mis en avant la pollution de l’air ou de l’eau. Mais on découvre aujourd’hui l’utilité de la concentration des transports en commun, des chauffages collectifs d’immeubles, ou des grandes unités de purification de l’eau.


  Hong Kong © Justin Horrocks

La formidable croissance des villes au cours du dernier siècle est l’une des plus grandes transformations de notre temps. Pour la première fois dans l’histoire de notre espèce, l’Homme est devenu un « animal urbain ».

En 1800, il n’y avait que sept villes dans le monde - en majorité orientales - qui dépassaient 500.000 habitants: Istanbul, Tokyo, Pékin, Canton, Calcutta, Paris, Londres. En 1900, ce chiffre était passé à 43 villes, principalement dans le monde occidental. Vers 1990, plus de 800 dépassaient ce chiffre d’un demi-million. Parmi elles, 270 avaient plus d’un million d’habitants et 14 franchissaient la barre de dix millions.

Trois cartes montrent comment le monde s’est à la fois agrandi et couvert de taches urbaines (d'après les travaux de Brian J.L. Berry, Texas University).

1800  

















   1900

 












  


2000


 













Cette croissance allait de pair avec celle de la population en général, qui devait connaître un pic à la fin des années 60 (avec un taux d’augmentation annuel de 2,1%).  Mais en pourcentage, il est clair que la ville a cru plu vite que les zones rurales.

L’URBANISATION PERMET UNE MEILLEURE EFFICACITE ENERGETIQUE

En Europe, le pourcentage de la population urbaine était de 45% en 1910, de 63% en 1950 et de 72% en 1970. Etats-Unis et Japon ont connu une évolution similaire, comme le montre le tableau ci-dessous(source RIVM).

 












 

 

Ce changement fondamental dans la condition humaine a des implications contrastées pour l’environnement.

En ce qui concerne le changement climatique et les émissions de CO2, l’urbanisation peut avoir des conséquences favorables dans la mesure où elle permet une plus grande efficacité dans l’utilisation de l’énergie. Une large part de l’énergie (environ 1/3 du total en Amérique du nord) est consacrée au chauffage et à la climatisation des immeubles. Or cette utilisation est bien plus efficace dans un immeuble d’appartements que dans des maisons individuelles. Une autre partie significative de l’énergie est utilisée dans les transports quotidiens entre le domicile et le lieu de travail. Dans les grandes cités, ce poste peut avoir une bonne efficacité énergétique si les transports en commun sont bien développés. Bien sûr ce n’est pas toujours le cas.

En résumé, dans les sociétés grandes consommatrices d’énergies, plus le taux d’urbanisation est élevé, plus les possibilités d’efficacité énergétique croissent. Dans les sociétés peu consommatrices - c’est-à-dire les plus pauvres sur la planète- ni les populations rurales, ni les populations urbaines ne consomment beaucoup d’énergie et leur impact global sur les émissions de carbone est donc très faible.

L’EAU POTABLE EST MOINS CHERE EN VILLE

Concernant l’environnement, les conséquences de l’urbanisation sont variables. Les problèmes de pollution de l’air (et ses conséquences sur la santé humaine) sont plus aigus quand l’urbanisation est forte, car davantage de personnes sont exposées à de fortes concentrations de polluants. Les ruraux, sauf  bien sûr ceux qui vivent près d’une source majeure de pollution, respirent un air meilleur que celui de leurs cousins des villes.

Cependant, en ce qui concerne la pollution de l’eau, la situation est souvent inverse. Il est techniquement simple –même si cela a un coût élevé- de séparer l’eau potable des eaux usées. Mais cette opération est souvent trop chère dans les villages, alors que dans les villes il y a des économies d’échelle qui permettent une fourniture d’eau potable dont le coût par tête d’habitant peut être fortement réduit. L’impact sur la santé  humaine est alors considérable en raison du nombre important de maladies véhiculées par l’eau.

Ainsi, parmi les nombreux moteurs du changement environnemental au XXe siècle, l’urbanisation, avec la croissance démographique et les migrations, a été l’un des plus puissants. Pratiquement aucun des choix qui ont alors été faits n’a pris les problèmes environnementaux en considération, au moins de façon consciente. C’est l’enjeu qui se présente au cours de ce nouveau siècle.

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