Des solutions pour réduire la contamination par les eaux usées à Accra, au Ghana

Publié le par Bienvenue dans le blog de djibaba.ingenieur

arton2783-a0202.jpgDanielle Nierenberg est chercheur senior à l’Institut Worldwatch, une organisation environnementale basée à Washington, DC. Elle voyage actuellement à travers l’Afrique subsaharienne évaluant des solutions durables pour l’environnement dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Cette étude aboutira avec la sortie de L’état du monde 2011 : Des innovations qui nourrissent la planète. A suivre sur CDURABLE.info ... chaque semaine une nouvelle initiative pour nourrir la Planète.
Cette semaine, Danielle Nierenberg nous écrit de la route – elle voyage du Burkina Faso au Niger – pour nous envoyer des informations au sujet d’un projet innovateur pour réduire la contamination par les eaux usées dans les fermes des zones urbaines et périurbaines à Accra, au Ghana.

Là bas, l’International Water Management Institute (IWMI) travaille en collaboration avec les agriculteurs à la conception et l’implémentation de petits et grands changements dans les pratiques d’irrigation afin de réduire la contamination par les eaux usées et d’améliorer la production agricole.

À Accra, la plupart des maisons n’ont pas de plomberie ni d’égouts. Au lieu de cela, les maisons déversent des déchets dans les mêmes fossés et ruisseaux qui sont utilisés par les agriculteurs urbains pour irriguer les cultures qu’ils vendent sur les marchés locaux. L’utilisation d’eaux usées dans les fermes est interdite par le gouvernement car elle présente un risque important pour la santé. Mais comme de nombreux agriculteurs n’ont pas accès aux sources d’eau potable, ils n’ont pas d’autres options pour irriguer leurs cultures.

En 2005, l’International Water Management Institute (IWMI), une organisation à but non lucratif qui travaille en Asie et en Afrique pour améliorer la gestion de l’eau et de la terre pour les agriculteurs et pour l’environnement, a reçu des fonds de plusieurs groupes, notamment l’initiative Challenge Program for Water and Food du Consultative du Group on International Agricultural Research (CGIAR), pour travailler avec des agriculteurs urbains au Ghana à développer des améliorations dans la gestion des eaux usées.

"Idéalement, nous aurions commencé au niveau de la municipalité pour parler de l’épuration des eaux usées à travers l’infrastructure", déclare Ben Keraita, ingénieur de l’irrigation et de l’eau et chercheur à l’IWMI. "Malheureusement, il n’y a ni l’argent ni le soutien pour un projet comme ça, alors nous commençons par les agriculteurs afin de trouver des moyens abordables et simples pour réduire le risque de contamination."

En plus, commencer par les agriculteurs est essentiel, explique Keraita, car "il y a trop d’interventions différentes en matière de réduction du risque de contamination des eaux usées et les agriculteurs ne veulent pas qu’on leur impose de nouvelles techniques." Au lieu de cela, Keraita et les autres coordinateurs de projets ont profité de leurs contacts avec les agriculteurs locaux et convoqué une réunion pour en discuter afin que les mêmes agriculteurs partagent les solutions possibles. "Les agriculteurs savent que les eaux usées posent un problème et ils ont plusieurs idées pour aborder ce problème."

Keraita et ses collègues ont créé une liste des innovations proposées par les agriculteurs et ensuite ils ont ajouté quelques-unes de leurs propres idées, incitant les agriculteurs à de meilleures pratiques globales. "Nous n’avons rien inventé sur place et beaucoup de solutions sont suffisamment simples pour pouvoir être adoptées immédiatement ; par exemple : éviter de marcher sur l’eau irriguée et de remuer les sédiments qui pourraient contenir des contaminants ; à la place on peut y mettre une planche pour traverser," explique Keraita. Les agriculteurs sont donc invités à adopter les pratiques qu’ils trouvent les plus efficaces et à poursuivre leur travail quotidien avant d’évaluer le succès de l’innovation lors de la récolte.

"Si les agriculteurs n’aiment pas une technique, nous suggérons qu’ils essayent une autre technique," dit Keraita. "Et nous invitons d’autres agriculteurs à observer la récolte et la pesée des cultures afin de donner du feedback des uns aux autres et ainsi apprendre des expériences des autres."

Basé sur ces discussions et ces essais, les agriculteurs urbains à Accra font actuellement l’expérience de l’irrigation avec de l’eau recueillie dans les « mares de sédimentation », des bassins construits spécifiquement pour permettre aux sédiments de se déposer afin que les agriculteurs puissent irriguer avec l’eau de surface, qui est plus propre, et avec des récipients d’eau filtrée. Également, certains utilisent maintenant l’irrigation au goutte-à-goutte avec l’aide des kits produits par International Development Enterprises (IDE), leur permettant d’utiliser l’eau avec plus de précision et de préserver la propreté de l’eau.

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